Une étape significative a été franchie ce mardi 23 juin 2026 à l’Hémicycle de Porto-Novo, dans le cadre du projet « Santé sexuelle et reproductive des adolescents et jeunes au Bénin ».
Financé par l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas et mis en œuvre par l’UNFPA en collaboration avec EDUCO et Social Watch Bénin, ce projet a réuni autour d’une même table des parlementaires et des organisations de la société civile pour plaider ensemble en faveur d’un investissement accru dans l’Éducation à la Santé Sexuelle (ESS) et la Santé et les Droits Sexuels et Reproductifs (SDSR).
Une salle, trois commissions, un seul enjeu
La session a rassemblé des membres de la Commission de l’Éducation, de la Culture, de l’Emploi et des Affaires Sociales, des membres de la Commission des Finances et des Échanges, ainsi que des députés membres du Réseau des parlementaires béninois pour la population et le développement.
Ensemble, ces élus ont été invités à mesurer l’urgence d’agir face à une réalité sanitaire et sociale préoccupante : mortalité maternelle élevée, grossesses précoces, besoins non satisfaits en planification familiale, et accès encore limité à une ESS complète dans les écoles comme au sein des communautés.
La voix des jeunes au cœur du débat
L’agenda de la session, soigneusement structuré, a laissé une place centrale aux organisations de la société civile dirigées par des jeunes. Tour à tour, leurs leaders ont présenté la situation de la santé sexuelle et reproductive des adolescents au Bénin avec données à l’appui, démontré les bénéfices sociaux, économiques et éducatifs d’un investissement dans l’ESS, puis livré des témoignages de terrain — voix de jeunes, de femmes et d’organisations féministes — pour incarner concrètement les réalités vécues.
Ces témoignages ont résonné avec force dans l’hémicycle, rappelant que les politiques publiques ont des visages : celui d’une adolescente contrainte d’abandonner l’école pour une grossesse non désirée, celui d’une jeune femme sans accès aux services de planification familiale, celui d’une communauté rurales privée d’informations sanitaires de base.
Une modération à la hauteur de l’enjeu
La qualité des échanges doit beaucoup à la modération exercée avec brio par l’ancienne Ministre et actuelle députée, Éléonore YAYI, épouse LADEKAN, dont la maîtrise du sujet et de la salle a permis de créer un cadre d’échanges à la fois rigoureux et constructif. Sous sa conduite, la séance dédiée aux échanges avec les députés a favorisé des discussions franches sur les préoccupations, les opportunités et les pistes d’action parlementaire.
Deux recommandations fortes pour l’action
À l’issue des délibérations, deux recommandations majeures ont été retenues, traduisant la volonté des participants de transformer ce plaidoyer en actes concrets :
- Élargir l’assiette d’information à l’ensemble de la représentation nationale, afin que la totalité des parlementaires bénéficie des informations et données partagées lors de cette session ;
- Soutenir activement la cause de la société civile, en se rendant présents à l’atelier des 25 et 26 juin 2026 et en s’engageant à traduire le plaidoyer de manière responsable dans les faits — notamment à travers le cadre législatif et budgétaire.
Un moment charnière pour le Bénin
Cette session d’information et de plaidoyer s’inscrit dans une démarche plus large visant à renforcer les capacités de huit organisations de jeunes issues des départements de l’Atlantique, du Borgou, de l’Alibori et de l’Atacora. Elle contribue directement à l’atteinte du Produit 3 du CPD10, qui vise d’ici 2026 un accès universel à des services ESS/SDSR intégrés et de qualité, en particulier pour les groupes vulnérables.

Le message est clair : les adolescents et les jeunes du Bénin ont besoin d’un Parlement engagé, d’un budget à la hauteur des enjeux, et d’une volonté politique forte pour que leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive cessent d’être un idéal et deviennent une réalité.






























