Indice de Perception de la Corruption 2020 : Le Bénin stagne avec la note de 41/100 et perd trois places en termes de rang

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LA CORRUPTION GÉNÉRALISÉE AFFAIBLIT LA RÉPONSE À LA COVID-19 ET MENACE LA REPRISE MONDIALE

L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2020 publié ce jeudi 28 Janvier 2021 par Transparency International révèle que la corruption persistante fragilise les systèmes de santé et contribue au recul de la démocratie dans le contexte de la pandémie de COVID-19. De 2019 à 2020, le Bénin a stagné avec la note de 41/100 et perd trois places en termes de rang. Sur 180 pays, le Bénin occupe le 83ème rang en 2020 contre 80ème en 2019. On constate aussi que la note de 41 sur 100 obtenu par le Bénin, est inférieure à la moyenne mondiale qui est de 43 sur 100. Dans sa situation actuelle, le Bénin se trouve derrière le Cap-Vert, le Sénégal et le Ghana.

Les pays qui obtiennent de bons résultats sur l’indice investissent davantage dans les soins de santé, sont mieux à même de fournir une couverture médicale universelle et sont moins susceptibles de porter atteinte aux normes et institutions démocratiques ou à l’État de droit.

Pour Delia Ferreira Rubio, présidente de Transparency International, « la COVID-19 n’est pas seulement une crise sur le plan sanitaire et économique. C’est également une crise sur le plan de la corruption. Et pour l’instant, nous n’arrivons pas à l’endiguer ». Et d’ajouter : « l’année écoulée a mis à l’épreuve les gouvernements comme jamais auparavant, et ceux dont le niveau de corruption est le plus élevé ont eu le plus de mal à relever le défi. Mais même ceux qui sont à la tête de l’IPC doivent de toute urgence s’attaquer au rôle qu’ils jouent dans la perpétuation de la corruption dans leur pays et à l’étranger ».

Analyse mondiale

L’édition 2020 de l’IPC classe 180 pays et territoires en fonction de leur niveau perçu de corruption dans le secteur public, en s’appuyant sur 13 évaluations et enquêtes auprès d’experts et de dirigeants d’entreprises. L’IPC utilise une échelle allant de zéro (fortement corrompu) à 100 (très faiblement corrompu).

Le Danemark et la Nouvelle-Zélande sont en tête de l’indice, avec 88 points. La Syrie, la Somalie et le Soudan du Sud arrivent en dernière position, avec 14, 12 et 12 points, respectivement.

Évolutions marquantes

Depuis 2012, le premier point de comparaison dans la méthodologie actuelle de l’IPC, 26 pays ont sensiblement amélioré leur score, dont l’Équateur (39), la Grèce (50), le Guyana (41), le Myanmar (28) et la Corée du Sud (61).

Vingt-deux pays ont vu leur score sensiblement baisser, dont la Bosnie-Herzégovine (35), le Guatemala (25), le Liban (25), le Malawi (30), Malte (53) et la Pologne (56).

Près de la moitié des pays stagnent sur l’indice depuis près d’une décennie, ce qui indique une impasse dans les efforts des gouvernements pour s’attaquer aux causes profondes de la corruption. Plus de deux tiers des pays réalisent un score inférieur à 50.

COVID-19

La corruption représente une menace critique pour la vie et les moyens de subsistance des citoyens, surtout lorsqu’elle est associée à une urgence de santé publique. Il existe une corrélation entre le niveau de corruption du secteur public et la hauteur des investissements dans les soins de santé. L’Uruguay, par exemple, qui obtient le score le plus élevé en Amérique latine (71), investit massivement dans les soins de santé et dispose d’un solide système de surveillance épidémiologique, qui a facilité sa lutte contre la COVID-19 et d’autres maladies infectieuses, comme la fièvre jaune et le Zika.

À l’inverse, le Bangladesh, avec 26 points, investit peu dans les soins de santé alors que la corruption prospère pendant l’épidémie de COVID-19, qu’il s’agisse de pots-de-vin dans les cliniques de santé ou de détournement de l’aide. La corruption est également omniprésente dans l’acquisition de fournitures médicales. Les pays où le niveau de corruption est plus élevé ont également tendance à commettre les plus graves atteintes à l’État de droit et aux institutions démocratiques dans le contexte de la crise liée à la COVID-19. Il s’agit notamment des Philippines (34), où la réponse à COVID-19 a été caractérisée par des attaques majeures contre les droits fondamentaux et la liberté de la presse.

Poursuivant leur trajectoire descendante, les États-Unis obtiennent leur plus mauvais score depuis 2012, avec 67 points. Outre les conflits d’intérêts et les abus de pouvoir présumés au plus haut niveau, le manque de contrôle dans la gestion du programme d’aide pour la COVID-19, d’un montant de 1 000 milliards de dollars, a suscité de graves inquiétudes en 2020 et a marqué un recul par rapport aux normes démocratiques établies favorisant une gouvernance redevable.

Recommandations

L’année écoulée a mis en évidence les problèmes d’intégrité, même dans les pays les plus performants, ce qui prouve qu’aucun pays n’est à l’abri de la corruption. Pour réduire la corruption et mieux répondre aux futures crises, Transparency International recommande à tous les gouvernements :

  • De renforcer les organes de contrôle pour s’assurer que les ressources parviennent à ceux qui en ont le plus besoin. Les autorités de lutte contre la corruption et les organes de contrôle doivent avoir les fonds, les ressources et l’indépendance nécessaires à l’exercice de leurs fonctions.
  • De garantir la transparence des contrats pour lutter contre les malversations, identifier les conflits d’intérêts et assurer une tarification équitable.
  • De défendre la démocratie et promouvoir l’espace civique afin de créer les conditions permettant de demander des comptes aux gouvernements.
  • De publier les données pertinentes et garantir l’accès à l’information pour que le public reçoive des informations compréhensibles, accessibles, opportunes et significatives.

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