La loi type sur les drogues pour l’Afrique de l’Ouest: Social Watch œuvre pour son adoption au Bénin

0
280

(Prioriser la santé et le bien-être de l’humanité) Social Watch Bénin en partenariat avec l’IDPC, WACD, WACSI et OSIWA organise une campagne social-média pour  faire connaitre aux béninois   la loi type sur les drogues pour l’Afrique de l’Ouest. Cette campagne permettra d’informer et de sensibiliser le grand public  sur les différents articles de la loi type et la manière dont  elle peut être utilisée pour impulser des réformes législatives afin d’une prise en compte effective de l’approche centrée sur les droits humains et la santé dans la lutte contre la drogue au Bénin.

L’objectif  général de cette campagne Social-média  est d’informer et de sensibiliser les internautes sur les articles et recommandations  de la Loi type sur les drogues pour l’Afrique de l’Ouest. De façon précise, cette campagne  vise à amener les internautes à sensibiliser le grand public sur les nouvelles approches de lutte contre la drogue et les articles et directives de cette loi.

Faut-il le rappeler, la  loi type sur les drogues pour l’Afrique de l’Ouest a été élaborée sur  l’initiative  de l’ancien Secrétaire Général des Nations Unies Kofi ANNAN, Initiateur de la Commission Ouest-Africaine sur les Drogues. La présidente de cette commission est assurée par  Olusegun OBASANJO,   ancien Président du Nigeria.

Cette loi   fournit les directives  sur la manière d’apporter les changements nécessaires aux politiques en matière des drogues dans notre région.

En réponse aux échecs observés dans l’application des lois actuelles de contrôle des drogues et de leurs coûts importants certains pays d’Afrique de l’Ouest envisagent, ou sont déjà en train, de revoir leurs lois relatives aux drogues. Ainsi, le Bénin ne  doit pas rester en marge de cette dynamique. Il est temps de s’orienter vers des approches plus humaines et plus équilibrées. Selon le  Directeur exécutif de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) : « Il est important de réaffirmer l’esprit original des conventions, en mettant l’accent sur la santé. Les conventions ne consistent pas à mener une « guerre contre la drogue » mais à protéger la « santé et le bien-être de l’humanité »

Le but principal de cette Loi type sur les drogues est donc de répondre à ce besoin de réforme, en fournissant des dispositions législatives et des commentaires qui incorporent les obligations des  traités des Nations Unies sur le contrôle des drogues. La loi type tient compte également des résultats et des engagements de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2016 sur le problème mondial de la drogue, du Plan d’action de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour la lutte contre le trafic illicite de drogues, la criminalité organisée et l’abus de drogues en Afrique de l’Ouest (2016-2020). Enfin, elle incorpore les preuves existantes d’efficacité, de la nécessité d’une plus grande harmonisation des lois sur les drogues au niveau régional et des lacunes actuelles de la législature.

Un objectif clé de cette Loi type sur les drogues est de renforcer la cible principale des conventions  internationales sur les drogues – protéger la santé et le bien-être de l’humanité. Cet objectif doit être atteint en assurant d’une part l’accès aux médicaments essentiels et leur disponibilité (notamment ceux qui sont aussi des drogues contrôlées), d’autre part en contrôlant l’usage non médical de substances psychoactives et de stupéfiants ; le tout en réduisant les risques associés à la diversion des drogues contrôlées à des fins non autorisées. Les obstacles actuels à l’accès aux services sanitaires pour les personnes qui consomment des drogues doivent être éliminés. Cela comprend la suppression des sanctions pénales pour les personnes qui consomment des drogues, la mise en place de mesures de réduction des risques et de traitement de la dépendance aux drogues. Pour l’utilisation et la possession de drogue à des  fins personnelles, des alternatives aux condamnations et aux sanctions sont nécessaires, afin de permettre aux forces de l’ordre de se concentrer sur les infractions les plus graves relatives aux drogues, en particulier le crime organisé et la corruption de haut niveau. Étant donné la nature transfrontalière de la plupart des cas de trafic de drogue, aucun pays ne peut répondre seul à ces problèmes, et une harmonisation de la politique en matière de drogues dans la région serait certainement l’approche la plus efficace.

La Commission Ouest-Africaine sur les Drogues (WACD) travaille depuis 2013 à la réforme de la politique des drogues dans la région et a lancé en 2014 son rapport phare intitulé Pas Seulement une Zone de Transit : Drogues, État et Société en Afrique de l’Ouest. Ce rapport met en évidence la grave menace posée à la gouvernance, à la stabilité, à la croissance économique et à la santé publique. Il comprend aussi une série de recommandations pour la réforme des politiques des drogues dans la région. Cependant, les gouvernements ont demandé à la Commission Ouest- Africaine de Drogues d’aller plus loin et de traduire ces recommandations en dispositions-type dont elles peuvent s’inspirer. Cette Loi type sur les drogues répond à ces demandes.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez saisir votre commentaire!
Veuillez saisir votre nom ici